Panel 20 / SIAC 2025

Desideri in Slow Motion

Panel 20 / Quinto Convegno Nazionale SIAC “SPERARE / DISPERARE / DESIDERARE”

Matera, 25-27 settembre 2025

Proponenti: Caterina Pasqualino (LAP / EHESS), Alfonsina Bellio (EPHE-PSL /GSRL), Alessandra Fiorentini (LAP / EHESS)

Abstract

Nel 1993, l’artista Douglas Gordon ha rielaborato capolavori cinematografici per sovvertirne la narrazione. In “24-Hour Psycho”, ha rallentato una sequenza di Hitchcock, portandola da 24 a 2 fotogrammi al secondo, liberando così l’immagine da vincoli temporali convenzionali e invitando lo spettatore a cambiare la propria percezione. Questa dilatazione estrema del tempo crea uno spazio per l’introspezione e il ricordo, stimolando emozioni profonde e connessioni insolite tra gli individui. Osservare il mondo in questo modo è come farlo attraverso un microscopio, in uno stato di sospensione dal presente. In questo panel, che trae ispirazione dalla pubblicazione del libro Experimental Cinema and Anthropology (Arnd Schneider e Caterina Pasqualino, BERG, 2014), approfondiamo come l’idea del rallentamento possa trovare applicazione nella pratica antropologica. Proponiamo di estendere questa sperimentazione artistica, esaminando come la lentezza possa influenzare le nostre comprensioni di speranza e disperazione. Accettiamo lavori frutto di ricerche sul campo, con o senza l’uso di videocamera, incoraggiando antropologhe/i cineaste/i  a riflettere su rituali e fenomeni culturali che sfidano l’idea di produttività, rivitalizzando il discorso attorno alla qualità dell’esistenza, in linea con le riflessioni di autori come Hirokazu Miyazaki, che analizzano la relazione tra speranza e conoscenza. In questo contesto, la lentezza diventa un mezzo per riconsiderare le pratiche quotidiane e la loro relazione con desideri e speranze, offrendo uno spazio per osservare e analizzare emozioni complesse nel mondo contemporaneo.

Keywords: slow life, desideri, speranza, disperazione, lentezza

Lingue accettate: Italiano / English / Français

 

Sessione I

Giovedì 25/9/25, ore 14.00-15.45, aula B102, primo piano

Rossella Ragazzi (rossella.ragazzi@uit.no) (Université Arctique de Norvège), Slow TV: Suspendre le temps entre somnolence et éveil profond

Cette présentation explore un programme singulier de la télévision nationale norvégienne, produit par le département de programmation Sámi : Minute par Minute. Issu de la série «Slow TV», ce projet a captivé le public en suivant la migration d’un troupeau de rennes depuis le Finnmark jusqu’à l’île de Kvaløya. Pendant 89 épisodes, et 4 jours d’émission non-stop, cette odyssée a révélé, en temps réel, la beauté imprévisible de la transhumance, un patrimoine autochtone protégé par la loi. La «Slow TV» repose sur une idée audacieuse : capturer un événement dans sa temporalité réelle, sans artifices. Ici, les rennes dictent le rythme, imposant une approche où patience et adaptabilité sont essentielles. Cependant, cette migration s’interrompt face à un obstacle imprévu : le canal de Kvalsund, infranchissable, cette année-là, en raison du changement climatique. La promesse de filmer la conclusion l’année suivante restera lettre morte. Ce programme, au-delà de la contemplation, a éveillé une conscience politique. Il met en lumière les tensions entre des politiques de durabilité déconnectées des réalités locales et les pratiques ancestrales des Sámi, menacées par des restrictions étatiques. À travers un déploiement technique impressionnant, l’émission capture une danse millénaire entre humains et rennes, révélant les fragilités d’un équilibre multispecies face aux défis contemporains.

Anna Leone (26.leonea@gmail.com) (Université de Bretagne Occidentale / CRBC Brest), Il tempo della grazia: lente richieste di grazia e desideri fugaci 

In alcuni luoghi di culto diventati delle attrazioni turistiche, può succedere che i visitatori che attraversano gli spazi sacri occupati dai fedeli partecipino ai loro riti. Questo accade soprattutto quando i riti sono volti ad esprimere un desiderio o a chiedere una grazia. Nella chiesa del Gesù Nuovo di Napoli, la cappella della Visitazione dov’è inumato il corpo di san Giuseppe Moscati, è regolarmente attraversata da gruppi di turisti, che dopo aver ascoltato una spiegazione della loro guida, sfilano davanti alla statua del santo per toccargli la mano come fanno i devoti. Ma i gesti dei devoti si distinguono da quelli dei turisti per la loro lentezza. I devoti restano a lungo con la mano del santo nella loro, con i loro volti rivolti verso il volto del santo o con la testa poggiata sulle sue gambe o sul suo sarcofago, soprattutto quando hanno una grazia da chiedere ma anche quando passano solo per un saluto. Anche tra i turisti, è possibile distinguere i più credenti dalla durata dei loro gesti. C’è forse un rapporto tra la lentezza dei movimenti e la speranza o la disperazione di chi chiede una grazia? C’è una differenza sostanziale tra le richieste di grazia dei credenti e i desideri fugaci espressi dai turisti? È possibile distinguere le due cose in base alla lentezza dei gesti? In questa presentazione vorrei affrontare tali questioni, attraverso alcuni esempi osservati nelle mie ricerche etnografiche.

Véronique Duchesne (veronique.duchesne@ceped.org) (Université Paris Cité), L’espoir de la guérison : le temps d’un lavage de nez «tradi-moderne» (Côte d’Ivoire)

Mon film Like a tree in the city nous fait entrer dans un centre de naturothérapie ivoirien où, dans un domaine boisé en retrait du vacarme urbain, les patients prennent le temps d’un lavage de nez «tradi-moderne». Dans la salle de soin collective, une vingtaine de malades, assis sur un siège ingénieux, ont le front appuyé sur un repose-tête, avec un porte-récipient sous le nez qui recueille la glaire qui s’écoule lentement. Durant une heure, le temps se dilate et contribue à l’espoir de la guérison. La lenteur du dispositif offre un espace pour observer et analyser les émotions complexes liées à l’odorat, et une certaine conception du soin, dans une société ouest africaine contemporaine.

Ningsi Song (EHESS, Paris), Le temp du Parti, le battement du désir: Enjeux du plan-séquence dans Le Détachement féminin rouge, œuvre de propagande ou contre-propagande de la Révolution culturelle en Chine maoïste?

En 1970, au cœur de la Révolution culturelle en Chine maoïste, le ballet révolutionnaire Le Détachement féminin rouge devient l’un des films les plus diffusés et emblématiques de la légitimité politique de la Révolution. Pourtant ce film suscite trois paradoxes: pourquoi choisir le ballet classique, art aristocratique occidental, pour incarner l’esthétique du prolétariat? Pourquoi opter pour des plans-séquences longs, inspirés de la Nouvelle Vague, plutôt que pour l’opéra chinois ou le montage soviétique? Comment expliquer sa diffusion massive auprès de communautés rurales peu familières avec ce langage corporel? Ce film, sans utilise le slow motion au sens technique du terme, déploie une temporalité orchestrée: une durée qui ralentit, discipline et chorégraphie le regard. L’analyse des plans-séquences révèle une stratégie du Parti visant à encadrer un rythme idéologique. Or, dans cette temporalité disciplinée, quelque chose palpite: un battement, un désir, une subjectivité qui échappe, produisant une friction sensible, prise entre ralentissement idéologique et expérience du visionnage en mouvement. En m’appuyant sur des archives, ce travail relève ainsi le cinéma : qui, loin d’être un simple outil de propagande, s’engage – étant acteur – dans une dynamique de pratique politique, entre mise en scène et mise en crise de la légitimité de la Révolution culturelle.

 

Sessione II

Giovedì 25/9/25, ore 16.15-18.00, aula B102, primo piano

Alfonsina Bellio (alfonsina.bellio@ephe.psl.eu) (EPHE-PSL/GSRL), Espoirs in slow-motion: processions, rythmes et catharsis

L’analyse ethnographique met en exergue l’importance primordiale du rythme des processions, élément déterminant pour appréhender tant les enjeux que la portée symbolique de ces manifestations. L’élévation d’une statue, d’une icône ou de toute image sacrée au-dessus de la communauté qui la transporte dans les rues interroge également les dynamiques rythmiques, lesquelles fluctuent en fonction des moments et des intentions particulières des dévots, tout en étant influencées par les significations attribuées à la pratique. Les variations de cadence, les pauses, les interruptions et les rythmes de la marche s’érigent en autant de moments d’expression de l’attitude collective et des émotions, formant ainsi un langage intelligible. Une observation attentive, associée à une pratique constante de l’étude des temporalités et des rythmes processionnels, nous révèle un élément clé pour leur compréhension, que je nommerai l’instant de suspension. À l’issue de l’église, par exemple, la figure divine s’apprête à sortir : elle demeure quelques secondes sur le seuil, avant d’être élevée vers le ciel. À cet instant, le temps semble se suspendre, les souffles se figent, et les larmes coulent. La procession peut alors commencer, portant dans les rues la bénédiction divine qui «tollit», c’est-à-dire qui prend sur elle toutes les douleurs et tous les espoirs de l’année. À partir d’exemples tirés de mes enquêtes ethnographiques, cette présentation se concentrera sur ces instants sacrés de suspension, oscillant entre paroxysme et mesure, empreints de douleurs et d’espoirs.

Caterina Pasqualino (caterina.pasqualino@ehess.fr) (CNRS/EHESS, LAP, Paris), Entre transe et danse

Dans nos sociétés contemporaines qui, encouragées par la polyactivité et le multitâche, sont marquées par une accélération des modes de vie, le ralenti apparaît comme un phénomène non productiviste et à contre-courant. Aux yeux de certains, il se présente pourtant comme une opportunité de retrouver un nouvel équilibre, pour d’autres, il est à même de déclencher de nouveaux désirs. Mais la notion de ralenti touche à une grande diversité de formes d’expression. J’en proposerai deux exemples. Dans le registre des rituels, le ralenti a la valeur d’une rupture. Ainsi, dans le culte de palo monteque j’ai étudié à Cuba, la possession des individus se manifeste par un ralentissement soudain des mouvements du possédé. Lorsque ce dernier reprend ses esprits, il sort de l’expérience transfiguré. Dans la danse et le chant flamenco, que j’ai également longuement étudié en Andalousie, le ralenti se manifeste d’une manière comparable. Il intervient entre des phases expressives de grande intensité, rompant brusquement la cadence. Cette rupture affecte l’interprète dans sa corporéité même. Lorsqu’il se reprend, il semble transfiguré, comme dans un état proche de l’extase.

Alessandra Fiorentini (alessandra.fiorentini@ehess.fr) (EHESS, LAP, Paris), La Dame des désirs: le temps de la parole en Afghansitan et au Niger

Dans cette intervention j’analyserai un rituel votif et un rituel de possession que j’ai étudié en Afghanistan et dans le massif de l’Aïr au Niger. L’un lié à la voie musulmane de la Naqshbandiyya et l’autre à la Khalwatiyya, le moment central et inéluctable de ce ces deux rituels c’est l’acte de raconter une histoire, la même histoire, (un mythe): c’est l’histoire de Cendrillon. Sans cette dernière le rite ne serait rien. Raconter pendant ces moments rituels donne toute la validité et l’effet désiré, car le récit par lui-même permet à l’aide surhumain de se réaliser. Au rythme d’une cantilène, ces histoires sacrés sont chantées avec des longues pauses entre chaque phrase, dont le ton monte avant le point culminant, puis retombe finalement dans le silence, pour pouvoir après se répéter autant que nécessaire. Les participants, venues demander une grâce ou une guérison, ne demandent pas une simple intercession aux officiantes. C’est leur propre pouvoir qu’on invoque; et ce pouvoir réside dans le temps de l’histoire.

 

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